« Compte tenu du travail réalisé depuis 2004, oui, je pense avoir quelques chances d'être réélu. » Confronté au jeu du pronostic, un mois avant le second tour, Jacques Auxiette ne s'était donc pas trompé. A 69 ans, ce grand-père veuf et remarié repart pour quatre ans à la tête de la région Pays de la Loire. Un mandat qui devrait être son dernier à ce niveau, comme il l'a confié récemment. Prof de maths de métier, ce « mitterrandiste convaincu » s'était d'abord fait connaître en Vendée, en tant que maire de la Roche-sur-Yon. De cette période, il garde en mémoire les « railleries de l'opposition », qui le qualifiait de « pièce rapportée », lui, le Berrichon d'origine. « Il a longtemps été le seul roc face à une droite villiériste forte. Aujourd'hui, beaucoup de Vendéens se reconnaissent en lui », commente Pierre Regnault, l'actuel maire yonnais.
Des étincelles avec l'opposition
Elu en 2004 à la tête d'un conseil régional dérobé à la droite, Jacques Auxiette s'est, au dire de ses collaborateurs, vite adapté. « Il a découvert une fonction, un territoire, des cultures, beaucoup plus complexes que dans la seule Vendée. Et il a adoré ça. Je suis fasciné par sa soif d'apprendre. Il essaie d'intégrer un maximum de paramètres sur tout, tout le temps », raconte Olivier Ryckewaert, son directeur de cabinet. « On l'a vu s'affirmer, précise Gilles Bontemps, conseiller régional PCF. Il a révélé une grande capacité à animer des équipes. Il sait faire confiance aux gens et apprécie les idées neuves. Les béni-oui-oui, ce n'est pas son truc. »
Un sens du dialogue dont tous ses interlocuteurs ne bénéficieraient pas, à en croire son opposition. « C'est un doctrinaire, un sectaire même, qui ne supporte pas la contradiction. Dans les assemblées, il a un comportement stalinien. Il aime manier l'ironie », relève l'UMP Daniel Augereau. « Il peut être cinglant, voire méprisant, confirme la centriste vendéenne Michèle Peltan. Son air débonnaire cache un adversaire politique extrêmement redoutable. » « C'est un révolté, qui ne lâche rien lorsque ça touche au débat d'idées, concède Olivier Ryckewaert. Mais il fait toujours attention aux personnes. »
Passionné de trains, féru d'économie, Jacques Auxiette, est, de l'avis de tous, un « très gros bosseur », attentif à une condition physique qui lui permet de dormir peu. « Il aurait pu faire un grand chef d'entreprise, observe Pierre Regnault. Il a également, du reste, l'étoffe d'un très bon ministre. » Le peu de temps libre dont il dispose, cet amateur de jardinage le consacre à sa famille, souvent sur l'île d'Yeu, où il possède une maison. « Avec ses copains de pêche, au volant d'une vieille Ford Galaxy, sa casquette sur le front, c'est là-bas qu'il est bien », confie un proche.