C'est un paradoxe. Alors que la Loire-Atlantique était l'un des meilleurs prescripteurs de génériques en France, elle est aujourd'hui à la traîne. Le département est l'un des derniers à adopter le dispositif tiers payant contre génériques. Entré en vigueur hier, il contraint toutes les pharmacies à recommander un médicament générique. En cas de refus, le client ne pourra plus se faire avancer les frais. Une mesure pour réduire le déficit de la Sécurité sociale.
Le retour de la paperasse
Si, dans l'ensemble, le dispositif était hier bien accueilli par la clientèle, certains assurés émettent encore des réserves. « Lorsque mon médecin prescrit une marque, je refuse de prendre le générique », avoue Marie-Annick, 68 ans. Et c'est là que le bât blesse, selon Marion Chevrier, de la Pharmacie de Paris, place Royale : « Certains médecins sont contre le générique et le font comprendre à leur patient. On a eu beaucoup de clients, pour le moment, qui préfèrent payer. » Les pharmacies endossent contre leur gré le rôle de donneur de leçons pour le compte de la Sécu. « C'est épuisant de palabrer sans cesse pour faire passer le message », reconnaît-on à la Pharmacie de Verdun. En outre, le dispositif signe le retour de la paperasse. « Si le client refuse le générique, il doit renvoyer une feuille de soins à la Sécu pour se faire rembourser. »
Alors qu'en France le générique est adopté dans 77,10 % des cas, il ne l'est qu'à 74,10 % en Loire-Atlantique. L'objectif est de faire passer ce taux au-delà de 80 %d'ici la fin de l'année.