Jacques Auxiette va-t-il conserver son siège à la tête de l'hôtel de région, conquis sur le fil en 2004 face à François Fillon ? Peut-être bien, à en croire les sondages, qui créditent la gauche de 53 % à 56 % des voix au second tour. Christophe Béchu (UMP), qui devrait arriver en tête à l'issue du premier tour dimanche soir, pourrait en effet être battu, faute de réserve de voix suffisante : l'électorat du MoDem penche plutôt à gauche, et une partie des électeurs du Front national pourrait préférer s'abstenir au second tour plutôt que de voter pour la liste pro-Sarkozy.
Dans ce contexte, les listes de gauche se sentent en confiance. Les Verts, pourtant membres de l'actuelle majorité, espèrent arriver au coude à coude avec les socialistes au soir du premier tour, pour imposer leurs vues dans une majorité. Notamment sur le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes : Jacques Auxiette soutient le projet de l'Etat, les écologistes le combattent sans relâche.
Autre allié des socialistes dans la majorité sortante, le PCF a préféré, lui, rejoindre la liste qui unit le Front de gauche au NPA d'Olivier Besancenot. Là encore, la logique est la même : instaurer un rapport de forces en vue d'une future majorité. Mais l'extrême gauche, à qui l'on prête 8 % des intentions de vote, n'y prendra part qu'à une condition : que le MoDem n'en fasse pas partie.
Les partisans de François Bayrou pourraient bien être les grands perdants du scrutin, dans une région pourtant marquée par la tradition démocrate-chrétienne. Peu coté dans les sondages, le MoDem espère toutefois fusionner avec Europe Ecologie, sur la base de leur opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes... Jean-Philippe Magnen (Verts) n'a pas complètement fermé la porte, même si sa « priorité demeure que la région ne retombe pas à droite ».
L'inconnue de l'abstention
L'impact du Front national, qui avoisine 7 à 8 % dans les sondages, va également jouer sur le visage de cette élection. Celui de Nous te ferons, Bretagne, certainement moins. Si la liste régionaliste vise les 10 % en Bretagne administrative, elle aura en effet du mal à sensibiliser à sa cause les électeurs de Vendée ou de Sarthe. Au final, le camp majoritaire dimanche soir pourrait bien être celui des abstentionnistes. En 2004, ils représentaient plus de 38 % des inscrits. De leur mobilisation dépendra le futur visage du conseil régional des Pays de la Loire.
Dimanche, les bureaux de vote ouvriront à 8 h et fermerontà 18 h, sauf à Rezé (19 h), Nantes et Saint-Herblain (20 h).Le dispositif sera le même dans huit jours. Au total, 93 conseillers sont à élire en Pays de la Loire. Leur répartition varie selonla population : 35 pour la Loire-Atlantique, 19 pour le Maine-et-Loire, 17 pour la Vendée, 15 pour la Sarthe et 7 pour la Mayenne.