De l'amertume et des regrets. Après avoir planché six mois durant sur le thème de la Journée de mémoire de la traite négrière, le Collectif du 10 Mai s'est vu retirer l'organisation de la manifestation par la ville. A l'origine du différend, il y a une querelle entre associations. Alors que quinze d'entre elles s'étaient mises d'accord pour évoquer la « résistance des Noirs », une autre optait pour « métisse, mon identité » tandis que deux autres s'abstenaient. « Parce que le thème de la résistance dérange, c'est le principe démocratique qui est bafoué », déplore André-Joseph Gélie, porte-parole du collectif.
« Un choix démagogique »
La ville de Nantes, qui a décidé de reprendre en main l'organisation des commémorations, a préféré choisir « Haïti ». Une idée consensuelle pour « rendre hommage au peuple haïtien et développer les thèmes proposés par les associations ». Pour le Collectif du 10 Mai, ce choix est démagogique. « On utilise la misère à des fins politiques. Certes, Haïti est la première république noire à avoir résister à l'esclavage, rappelle André-Joseph Gélie. Mais les gens ne vont retenir que le tremblement de terre. Il ne faudrait pas, par ailleurs, réduire la résistance à Haïti. » Derrière cette querelle, le représentant du collectif regrette une attitude jugée partisane : « La ville politise l'affaire en soutenant trois associations qui ne représentent plus les citoyens. Elle fait ainsi le choix de diviser plutôt que de rassembler. »David Prochasson
Les travaux du mémorial à l'abolition de l'esclavage ont débuté cette semaine quai de la Fosse. L'aménagement doit être livré à l'automne 2011. Il entraîne la fermeture des parkings.