Au Pouliguen, à la Baule, à Saint-Brévin, à Pornic ou aux Moutiers-en-Retz, plusieurs dizaines d'habitations, de commerces ou d'entreprises, notamment ostréicoles, ont été sinistrés par
le passage de la tempête.Des pêcheurs à pied bravant la pluie battante, seau et râteau à la main. A priori rien de très inhabituel hier matin sur la côte sauvage croisicaise. Pourtant, à y regarder de plus près, les signes du passage de la tempête Xynthia sur la Loire-Atlantique sont encore bien présents. Sur la route du littoral, habituellement au sec même par gros temps, du sable, des algues et d'innombrables coques d'huîtres ou de moules rappellent la soudaine montée des eaux la veille, vers 3 h 30 du matin.
Les habitants et commerçants du port n'en reviennent d'ailleurs toujours pas. « En quelques minutes, la mer est passée par-dessus les quais. Certains se sont retrouvés avec près de 80 cm d'eau chez eux. La capitainerie a été complètement noyée », raconte un employé de mairie. Dans son magasin de souvenirs et de décoration marine, Dominique constate les dégâts :« L'eau a pénétré jusque dans l'arrière-boutique. Tout ce qui a été touché par le sel est bon pour la poubelle. Il y en a pour plusieurs milliers d'euros. Ce ne sont que des dégâts matériels mais cela fait tout de même très mal au cœur. »
Digue brisée à Batz-sur-mer
Au restaurant le Perthuy du Roy, la consternation est encore plus grande. Le sous-sol de 400 m2, qui abritait le laboratoire de préparation, le stock de marchandises ou les archives, a été inondé. L'électricité et le gaz sont coupés depuis. « On a retrouvé nos congélateurs complètement retournés. Tout le matériel est détruit. On n'a pourtant rien entendu de la nuit. », hallucine Stéphane, le patron. « Sans une aide conséquente, on ne pourra pas s‘en relever, ajoute, les yeux rougis, Elodie, son épouse. Même si nous sommes loin de la Vendée, j'espère que l'état de catastrophe naturelle sera déclaré. J'espère aussi que l'assurance sera à la hauteur. »
A quelques kilomètres de là, à Batz-sur-mer, des pelleteuses s'affairent derrière le lotissement de la Herpe. Elles amassent d'énormes tas de terre censés faire face aux forts coefficients à venir. Il faut dire que la digue, qui protège habituellement le secteur, a cédé pendant la tempête. Une quinzaine de brèches laissent désormais entrer la marée. « Je n'aurai jamais cru que cela pouvait arriver, s'étonne Jean-Pierre, voisin de la digue depuis trente ans. J'ai découvert l'eau dans la salle à manger dimanche, au petit matin. Alors maintenant, je me prépare. J'ai bouché les portes et monté les meubles sur parpaings. » Pour les marais salants en revanche, plus grand-chose à faire. La mer en a submergé près d'un millier d'hectares. Les œillets ressemblent à de petits lacs. « Une bonne cinquantaine d'exploitants sont touchés, rapporte un paludier indépendant. Nous sommes impuissants, il faut attendre que tout soit consolidé. Si c'est fait rapidement, on pourra sauver la saison. » Le conseil général a annoncé hier qu'il prendrait en charge l'intégralité des réparations et qu'elles devront être réalisées avant les prochaines grandes marées, fin mars.