Bouffée d'oxygène pour les chantiers navals

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Publié le 25 février 2010.

Industrie L'armateur MSC a adressé une lettre d'intention de commande d'un nouveau paquebot

A tout seigneur, tout honneur. C'est un communiqué de l'Elysée qui a annoncé, hier soir, la conclusion d'un « accord » entre les chantiers navals de Saint-Nazaire et l'armateur MSC pour la commande d'un paquebot de croisière. Elle fournira « cinq millions d'heures de travail » aux ouvriers de STX France « sous réserve de la confirmation définitive du financement » précise l'Etat, actionnaire à 33,34 % des chantiers navals.

Le Magnifica doit partir ce midi
Cette « lettre d'intention » devrait normalement être suivie d'une commande formelle sous peu. L'armateur italo-suisse doit d'ailleurs la signer ce matin, à l'occasion du départ du Magnifica vers sa première croisière à Southampton (Angleterre). Mais MSC a posé une condition, d'après la direction de STX France : que les agents CGT du port de Nantes-Saint-Nazaire, en grève depuis mardi après l'échec des négociations locales sur l'application de la réforme portuaire, n'empêchent pas la sortie du paquebot de la forme Joubert. Le mouvement pourrait toutefois être levé, du moins assoupli, lors d'une assemblée générale prévue ce matin à 9 h.
En attendant, la conclusion de l'accord entre STX et son client a soulagé les 2 400 salariés des ex-Chantiers de l'Atlantique. « C'est un ballon d'oxygène, alors que nous venons d'entrer dans un long tunnel noir », confie Marc Ménager (CFDT). Un plan de 480 000 heures de chômage partiel, entre mars et mai, a en effet été signé pour pallier au vide du carnet de commandes. « C'est une bonne nouvelle, mais elle ne suffit pas », réagit de son côté Joël Cadoret, secrétaire général des ouvriers CGT. « On ne veut pas des commandes au coup par coup, juste au moment des élections, mais une véritable politique industrielle qui assure notre avenir. »

Guillaume Frouin
Reprise

Depuis une semaine,tous les ateliers de productionde STX France à Saint-Nazaire sont à l'arrêt. Avec cette probable commande,ils pourraient redémarrer« dans huit semaines »,selon la CFDT : la conceptiond'un paquebot pratiquement identique aux précédentsne nécessite pas de nouvelles études. « Nous avons aussi besoinde la commande d'un prototype, pour donner du travail à nos bureaux d'études », rappelle Joël Cadoret (CGT). Cela fournirait alors « six à huit mois de travail » aux techniciens, calcule Marc Ménager (CFDT).Car il y a bel et bien urgence : les ex-Chantiers de l'Atlantique traversent« la plus grave crise de leur histoire », affirme Jean-Marc Pérez (Force ouvrière), dontle syndicat milite pour la « nationalisation » de l'entreprise.

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