Anne-Sophie, la caissière, n'a «jamais vu ça». Comme dans un bon nombre d'autres stations-service de Nantes, de longues files d'attente se sont formées hier, tout au long de la journée, au pied des pompes à essence de l'hypermarché Carrefour de Saint-Herblain. Redoutant une possible pénurie d'essence en raison de la grève dans les raffineries Total, les automobilistes ont en effet préféré «prendre leurs précautions».
Des clients deux fois plus nombreux
«Nos ventes sont en augmentation de 30 à 40% depuis la fin de semaine dernière», calcule Jean-Christophe Lelabousse, l'un des responsables de la station-service, qui a exceptionnellement fermé ses pompes ouvertes 24 heures sur 24 ce dimanche. «Nous redoutions que nos cuves soient totalement vidées dans la journée, ce qui nous aurait empêché de redémarrer les machines ce lundi», explique son responsable. Hier après-midi, quelque 450 automobilistes se sont ainsi pressés à ses pompes, soit le double d'une journée ordinaire selon la caissière. Parmi eux, Yves, dont le réservoir est pourtant à moitié plein.
«Les informations données ici et là ne sont pas rassurantes, on ne connaît pas l'issue du conflit», considère cet agent de stationnement de 40 ans. «Du coup, j'ai fait le tour des stations du quartier, elles sont toutes prises d'assaut. J'espère qu'ils limiteront la quantité, pour que chacun puisse se servir.» L'hypermarché Carrefour, dont le carburant provient de la raffinerie Total de Donges, n'est pourtant pas en situation de pénurie. Il a été livré normalement hier matin, par un camion-citerne en provenance d'un dépôt où la grève ne se fait pas ressentir. Du moins, pas encore.