« Là, on franchit un nouveau cap. » Johanna Rolland (PS), en charge de l'éducation et de la jeunesse à la ville, n'est pas peu fière d'annoncer que les cours et préaux des écoles nantaises seront désormais mis à la disposition des Associations pour le maintien de l'agriculture paysanne (Amap). Leurs paniers de fruits, légumes ou œufs y seraient distribués en semaine, hors temps scolaire, comme le demandaient instamment les Verts depuis des mois…
Une aubaine pour les 24 Amap nantaises : à leurs portes, les files s'allongent depuis des années. « Surtout à cause du manque de place pour les distributions », précise Jean-Loïc Sorel, président de l'Amap Liberté, à Chantenay. Sa structure dispache 85 paniers en un peu plus d'une heure : « Un de plus et ce serait l'usine… Dans une école, on étalerait et offrirait plus de contrats. »
« Un bon levier »
Parce que l'idée est évidemment d'« encourager les filières courtes, en assurant les producteurs locaux qu'ils écouleront bien leurs produits, résume Johanna Rolland. Pour qu'un maximum de monde soit touché par la logique, les écoles nous semblent être un bon levier. »
Pour jouer de pédagogie, aussi. « Mieux on est éduqué, mieux on mange, explique encore Jean-Loïc Sorel, qui mise sur la coopération des enseignants et la curiosité des enfants. Comme ces derniers sont prescripteurs de 40 % de ce qu'ils mangent, on a bon espoir. » Des sorties de classe chez les producteurs partenaires pourraient les séduire. Objectif affiché : recruter de nouveaux amapiens parmi les parents…
A Nantes, les écoles du Chêne d'Aron ou de la Mutualité ont déjà été contactées, par exemple. Ailleurs, le système devrait se mettre en place peu à peu, à condition de convaincre chaque conseil d'école. Florence Simon n'en doute pas : « Ils seront enthousiastes. » Amapienne et institutrice à l'école de la Fraternité, elle est « toujours en quête de ce genre de supports pédagogiques. Ils donnent du sens à ce que l'on voit en classe. »
L'agglomération regorge de quelque 4 500 ha de terres agricoles en friche. « Et les producteurs veulent vraiment s'impliquer sur leur territoire, prétend Jean-Pierre Legendre, vice-président de Nantes Métropole, délégué à l'agriculture périurbaine. Le potentiel est important. » Il sait que grâce aux 68 Amap du département, 6 à 7 installations en bio sont prévues en 2010 : « Les agriculteurs réticents à faire de la vente directe ont ainsi accès aux circuits courts. »