La Fondation Abbé-Pierre a dressé en début de semaine un rapport alarmant sur la crise du logement en France. Hasard ou conséquence, l'Etat a annoncé hier matin le déblocage de 4,7 milliards d'euros pour la construction de HLM. Au même moment, le conseil général de Loire-Atlantique réunissait les quatorze bailleurs sociaux du département afin de les inciter à redoubler d'effort. « Cette crise touche particulièrement la Loire-Atlantique. L'offre de logements sociaux y est insuffisante et très mal répartie. Le fait d'avoir un territoire attractif ajoute à la difficulté. Tous, nous devons prendre le problème à bras-le-corps. La situation n'est pas acceptable dans la durée », a déclaré Patrick Mareschal, président du conseil général.
Alors que 70 % des habitants peuvent y prétendre, les logements sociaux ne représentent que 13 % des résidences principales de Loire-Atlantique. Pour combler ce manque, le département s'était fixé comme objectif, en 2006, de doubler sa construction de logements d'ici à 2012 (de 950 à 1900 par an). Il subventionne pour cela les bailleurs et use d'incitations financières et légales sur les communes, notamment celles où le manque se fait le plus sentir (troisième couronne nantaise, presqu'île guérandaise, secteurs d'Ancenis et de Clisson). Le pari est en passe d'être atteint puisque 2 000 logements sont lancés cette année, dont 1 200 sur Nantes métropole.
« On produit comme jamais mais la situation est toujours aussi tendue, confesse Patrick Rimbert, président de Nantes habitat. Il faut mettre encore plus le paquet sur la quantité et ne pas négliger le qualitatif. Améliorer les performances énergétiques ou adapter ces HLM aux personnes âgées et handicapées sont des enjeux importants. » Quant aux élus « récalcitrants ou ne sachant pas comment s'y prendre », ils n'ont désormais plus d'excuse : un guide du logement social vient d'être édité à leur intention par le conseil général. W