« Il faut imaginer trente ans sans intervention de l'homme. L'herbe et les ronces recouvraient tout. Des arbres avaient même poussé au milieu de la plateforme. Il a fallu de longues semaines pour dégager les voies ! » Guillaume Bédel connaît bien l'ampleur de la tâche qui accompagne la réouverture de la ligne Nantes-Châteaubriant. Correspondant territorial pour Réseau ferré de France, il suit les travaux depuis leur lancement en septembre. Jusqu'à présent, il ne s'agissait que d'une phase « préparatoire ». Au débroussaillage, s'ajoutaient des relevés topographiques et géotechniques pour préparer le terrain.
Un chantier « plus ardu » va désormais commencer avec au menu du terrassement, des installations de réseaux, la mise aux normes des ponts, du remplacement de signalisation, etc. Plus « spectaculaire » encore, la dépose et pose des voies, ainsi que la mise en place des caténaires, s'effectueront en 2011. Environ 200 personnes seront alors mobilisées chaque jour. « Nous allons faire place nette, résume Patrick Lahaye, le chef de projet. Les rails, les traverses, le ballast, tout est bon à changer. La tâche est conséquente, compte tenu du calendrier serré, mais il était hors de question de transporter des gens sur une voie dans cet état ». Le traitement des carrefours fait partie des points sensibles du chantier. Sur les 41 passages à niveaux coupant la voie ferrée, seize devraient être supprimés pour des raisons de sécurité.
« Les riverains ont été très compréhensifs alors que cela va modifier leurs habitudes. Cela illustre bien l'engouement populaire que l'on ressent pour ce projet. Les habitants suivent de près les travaux, ils semblent impatients de retrouver le train. » Entre la gare de Nantes et Babinière, où la circulation sera limitée à 70 km/h, cinq carrefours seront protégés par des feux clignotants. « C'est la première fois que ça se fait sur le réseau ferré national, souligne Patrick Lahaye. Aucune ville française ne dispose aujourd'hui d'un tram-train circulant en milieu urbain. Nantes sera la première ville à le recevoir, quelques semaines avant Mulhouse et Lyon. » W
G. F.