Un « enterrement de deuxième classe », fulmine la CGT. L'affaire des « travailleurs polonais », qui s'étaient mis en grève de la faim en août 2006 pour réclamer trois mois de salaires impayés, ne débouchera sur aucun procès. Plus de trois ans après les faits, le tribunal de Saint-Nazaire a constaté hier la prescription du « travail dissimulé » reproché par le syndicat au sous-traitant des chantiers navals qui avait fait appel à leur employeur.
Il y a eu une volonté délibérée du procureur de ne pas faire avancer ce dossier, sur pression du pouvoir politique et patronal », accuse Christian Duval, secrétaire de l'union locale CGT. « C'était de l'esclavagisme moderne, tout de même ! Au nom de tous les salariés de la navale, nous voulions réparation du préjudice causé par cette concurrence sociale déloyale. »
Nous ne pouvions pas savoir que l'entreprise à laquelle nous faisions appel allait être défaillante », soutient Alain Allaire, président de la Gestal, le sous-traitant des chantiers navals incriminé, qui emploie 350 personnes à Saint-Nazaire et Saint-André-des-Eaux. « Nous en avons été aussi victimes quelque part : nous avons dû payer nous-mêmes les salaires de ces travailleurs polonais en liquide, à la demande de la CGT. » W
G. F.