« Ça devient fatigant de subir les attaques constantes du même groupe de personnes. » En détachant la dizaine d'autocollants venus maculer leur vitrine, les responsables du centre lesbien et gay de Nantes (LGBT) restaient cois, mercredi. « L'Etat français a le regret de vous faire part du décès de la famille », rappellent certains stickers en corrélant la triste nouvelle au « mariage homo ». D'autres assimilent ouvertement l'homosexualité à la pornographie. Tous sont signés par le Mouvement de la jeunesse catholique de France (MJCF).
« Je ne les connais pas, mais ce sont de toute façon des dissidents », rappelle d'emblée Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes, craignant tout amalgame. Le mariage homosexuel, très clairement, il est contre : « Le mariage doit être celui de l'homme et de la femme, en vue d'avoir des enfants. » Mais, ajoute-t-il, « on peut défendre cette conception tout en respectant que des gens s'aiment ».
Le MJCF, pour sa part, brandit l'aspect « informatif » de son action. Lié à la fraternité Saint-Pie-X, attaché à la messe en latin et regroupant une quarantaine de Nantais, il l'assume du bout des lèvres : « Tapisser la vitrine du centre LGBT n'est sans doute pas très malin, concède un responsable nantais. Mais sur le fond, nous défendons l'ordre naturel des choses : l'état d'homosexualité n'est pas normal. »
Le jeune traditionnaliste épingle aussi certaines formes de revendication : « Lors de la dernière Gay Pride nantaise, des gens circulaient avec des préservatifs sur la tête. Oui, ça ressemble à de la pornographie. » Des arguments contrecarrés hier par l'évêque : « La pornographie est un genre qui ne respecte pas l'intimité. Que je sache, ce centre n'en est pas là. Il se place dans le débat d'idées. Et celui-ci doit se faire dans le respect de l'autre. »
Au centre LGBT de la rue Joffre, d'autres actes de vandalisme étaient survenus en 2009. « Consterné », le centre lesbien et gay porte plainte. En France, « l'homophobie est passible de poursuites judiciaires au même titre que tout autre type de discrimination », rappelle Laurent Martinez, son responsable légal. W