« J'en avais assez de mettre des produits »

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Publié le 25 janvier 2010.

On l'avait presque oublié. L'agriculture biologique, c'est d'abord considérer une vache pour ce qu'elle est : un herbivore. « Pas question de l'alimenter comme un cochon », prévient Martial Lehebel. Installé depuis 1977 à Herbignac, aux confins de la Brière, cet agriculteur a remis les pendules à l'heure il y a déjà dix ans. « J'en avais assez de cultiver du maïs et de mettre des produits phytosanitaires partout », se souvient-il.

Comme tous les exploitants formés dans les années 1970, encouragés par des techniciens eux-mêmes mandatés par le ministère, Martial Lehebel a été « un pur et dur » de l'agriculture intensive. Avant de modifier radicalement ses pratiques. En quelques années, ses vaches ont recommencé à paître dans les champs. Et il a fait évoluer ses mélanges céréaliers : oubliés, les engrais chimiques... Aujourd'hui, à 55 ans, le paysan veut certifier ses pratiques. « J'espère que cela me permettra de transmettre mon exploitation plus facilement. Et d'éviter son démantèlement », précise-t-il.

Le 11 mai prochain, après deux ans de conversion à l'agriculture raisonnée, son exploitation sera officiellement productrice de lait biologique. Une simple formalité : « Ma démarche était déjà proche du bio. Je fais plus de prévention depuis que je ne peux plus utiliser d'antibiotiques pour soigner les bêtes, mais je ne vois pas des montagnes de contraintes », se réjouit-il. Pendant ces deux ans, l'exploitation a vu son rendement quelque peu diminuer. De 9 000 litres de lait par an et par bête, la productivité de ses vaches est tombée à 7 000. Mais dans le même temps, pour l'agriculteur, les conditions de travail se sont, elles, améliorées. « Je préfère traire cinq vaches de plus que d'être sur mon tracteur à cultiver des céréales », explique-t-il. En plus de rejeter moins de CO2, ces méthodes ont des vertus économiques. Ainsi, l'exploitation a retrouvé une autonomie alimentaire totale. « Cela fait trois ans que je n'ai pas fait rentrer d'aliments extérieurs pour le bétail ». W

D. P.

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