C'est une « révolution » de velours. La Sécurité sociale vient de mettre en place un plan d'actions pour réduire d'ici à 2012 les accidents du travail et les maladies professionnelles dans la grande distribution, a annoncé, hier, la Caisse régionale d'Assurance-maladie (Cram). Depuis dix ans, les troubles musculo-squelettiques (TMS) y ont grimpé de 20 %, entraînant une hausse de 34 % des journées perdues entre 2005 et 2007 dans les supermarchés, et de 18 % dans les hypers.
A Thouaré-sur-Loire, le Super U (110 salariés) s'est déjà attelé à la tâche. Grâce à un scanner mobile, ses caissières n'ont plus à soulever sur leur tapis roulant les packs d'eau ou les litières pour chats. Dans les laboratoires de fabrication, des revêtements de sols antidérapants ont été installés pour prévenir les chutes. Dans les rayons, de nouveaux transpalettes électriques soulèvent désormais les marchandises à 80 cm du sol, évitant aux employés de se plier le dos. « Certains ne s'en passent plus, alors qu'on n'en impose pas l'usage », observe Philippe Duboc, patron indépendant de cet hyper de 3 900 m2.
Reste que ces petits aménagements en impliquent d'autres, plus importants. Pour acheminer les nouvelles palettes, moins hautes que les précédentes, Système U Ouest (400 magasins) a, par exemple, dû acheter 80 nouvelles remorques de camions. Et ce, même si tous ses adhérents n'ont pas suivi les « recommandations » de la Sécurité sociale. Les bons élèves qui ont investi y trouvent quand même leur compte : le transport des marchandises leur est facturé moins cher par la coopérative. W