Vous participez ce soir, à 19 h place Graslin, à la marche contre les violences faites aux femmes, après avoir témoigné lundi dans un débat public. Pourquoi prendre la parole aujourd'hui ?
Magali : J'ai subi pendant dix ans des violences psychologiques et physiques de mes deux ex-concubins, qui ne semblaient pourtant pas être des brutes épaisses, drogués ou alcooliques. Si j'accepte aujourd'hui de parler, c'est pour que les autres victimes cessent de culpabiliser. Trop d'hommes les persuadent qu'elles ont une part de responsabilité dans leurs agissements.
Quelle a été votre histoire ?
Mon premier concubin me dévalorisait sans cesse, et a essayé de m'étrangler à deux reprises. Le second exerçait aussi des violences psychologiques. Le 19 août 2006, après notre rupture, il m'a empoignée par les épaules et cognée contre tous les meubles de la pièce, avant de me jeter la tête la première sur le palier. J'ai fini aux urgences avec un traumatisme crânien.
Pourquoi ne pas être partie avant ?
J'avais une maison, deux enfants... Je croyais que c'était ça le bonheur. C'est en parlant avec une autre femme que j'ai compris que ce n'était pas ça.
A l'époque, aviez-vous porté plainte ?
J'ai déposé une dizaine de plaintes entre mai et décembre 2006. Toutes ont été classées sans suite, sauf celle sur l'épisode du 19 août. Mon ex-concubin a alors eu un simple rappel à la loi... Aujourd'hui, j'en veux à la police et à la justice. Le système ne nous protège pas assez.
Quels conseils donneriez-vous aujourd'hui aux autres victimes ?
Aller voir l'association SOS Femmes. Conserver tous les certificats médicaux, les témoignages de proches. Et porter plainte, malgré tout, pour que justice soit faite un jour. W
SOS Femmes : 02 40 12 12 40.