La question rituelle reste sans réponses

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Publié le 27 novembre 2009.

La colère gronde dans la communauté musulmane de Nantes, qui célèbre aujourd'hui l'Aïd-el-Kebir. Cette année encore, aucun site n'a été agréé en Loire-Atlantique par la préfecture pour abattre les moutons et les béliers selon le rite musulman. Celle-ci invite à se tourner vers les abattoirs ovins de Vendée ou de Mayenne, tous situés à plus d'une heure de route de Nantes.

« Le mouton de l'Aïd, ce n'est pas simplement une carcasse qu'on achète chez le boucher », rappelle pourtant Abdeljalil Nachaoui, imam de la mosquée Arrahma, dans les quartiers nord. « Le fidèle doit être en contact avec l'éleveur, choisir sa bête... Le sacrificateur doit aussi prononcer son nom lorsqu'il égorge le mouton. »

Pour respecter le rite religieux, certains musulmans vont donc acheter leur mouton dans les fermes de la campagne nantaise, et le faire abattre clandestinement sur place. D'autres le feront dans leur propre jardin, toujours en dépit des règles sanitaires élémentaires..

Pour sortir de l'impasse, des discussions ont pourtant été entamées depuis cinq ans entre la préfecture et le Conseil régional du culte musulman (CRCM). Problème : elles sont aujourd'hui au point mort. « En Pays de la Loire, la préfecture ne voit que les enjeux économiques de l'Aïd et pas la question du rite », s'agace-t-on au CRCM. « Alors que tout se passe à merveille en Ile-de-France ou en Rhône-Alpes, il y a ici un manque d'intérêt évident pour notre communauté et une incompétence totale, confiait hier à 20 Minutes un de ses responsables, sous couvert d'anonymat. Ils n'ont jamais voulu nous écouter. Résultat : on ne respecte pas la loi. Si c'est l'objectif de la préfecture, alors on est mal barrés. »

« Un abattoir mobile n'est pas si simple que cela à faire fonctionner », se défend Hervé Knockaert, directeur des services vétérinaires de Loire-Atlantique. « On ne peut pas non plus faire de la concurrence déloyale aux abattoirs existants... Or aujourd'hui, nous n'avons pas de vision de ce que représente le marché nantais. Il faut pour cela avoir des discussions avec les autorités religieuses, et établir des données objectives. Sans ça, on discute dans le vent. »

« Nous avons adressé en janvier un premier courrier, suivi de trois relances, rétorque-t-on au conseil régional du culte musulman. Nous n'avons obtenu aucune réponse. On a simplement été convoqués quinze jours avant l'Aïd, pour rappeler aux fidèles les règles sanitaires à observer. Alors, soit on considère le CRCM comme un interlocuteur de l'Etat, soit on arrête de se foutre de la gueule du monde. » W

Guillaume Frouin
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