Le retournement de tendance est « historique », souligne-t-on à l'Insee. Après des décennies de croissance continue, la part de la voiture dans les déplacements des Nantais recule. De 62 % en 2002, elle n'en assurait plus que 57 % en 2008, selon les résultats d'une enquête statistique qui vient d'être rendue publique. Un chiffre qui reste toutefois encore supérieur à la moyenne des grandes villes de province (53 %). Principale bénéficiaire : la marche à pied. Elle assure désormais 24 % des déplacements, contre 20,6 % en 2002.
Les transports en commun, eux, restent à haut niveau. Un phénomène qui s'explique, selon l'Insee, par « les mesures favorisant l'abonnement et la fidélisation des utilisateurs », « une meilleure maîtrise du stationnement » ou encore « la réduction de la capacité routière des voies pénétrant vers le centre de l'agglomération ». « Ces résultats confortent la position de la métropole nantaise dans le peloton de tête en termes de recours aux transports collectifs, derrière Paris et Lyon », précise l'étude.
Point noir de l'étude, le vélo a lui vu sa part régresser parmi les deux-roues (scooters, cyclos...) entre 2002 et 2008. De 2,4% des déplacements, il est passé à 2 %. Mais l'enquête a été réalisée avant l'introduction du Bicloo, susceptible d'avoir infléchi depuis les chiffres de l'Insee... Il n'empêche : la bicyclette et la marche à pied demeurent « en retrait » par rapport aux autres grandes villes françaises (26 % contre 33 % ailleurs). Une particularité que peinent à expliquer les statisticiens.
« Cela vient valider certaines impressions que nous pouvions déjà avoir sur le terrain », conclut Sébastien Seguin, le statisticien qui a piloté l'étude pour l'Insee des Pays de la Loire. « Toutefois, on aurait pu croire par exemple que la hausse des transports en commun était due à la hausse démographique. Or, ce n'est pas le cas. On voit que les transports collectifs grignotent des parts de marché. » W