Ce « Concile d'amour » pas très catholique

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Publié le 6 novembre 2009.

C'est une première sur une scène lyrique. Depuis hier soir, Angers-Nantes Opéra présente, à Graslin, Le Concile d'amour. Texte sulfureux écrit en 1895 par l'Allemand Oskar Panizza, cette pièce est connue pour avoir été montée au théâtre par des militants contre le sida à la fin des années 1980. Sous la plume du compositeur Michel Musseau, elle devient un opéra iconoclaste pour voix, instruments, marionnettes et machineries. La trame n'a pas changé : alors que le célèbre pape Rodrigo Borgia s'enlise dans la débauche, Dieu convoque le Diable. Lequel, pour remédier aux orgies terrestres, envoie une diablesse transmettre la syphillis à ceux qui succomberont à ses charmes.

Cette tragi-comédie, qui valut à son auteur censure et prison, a sans doute perdu son caractère blasphématoire : « Plus qu'une pièce anti-curé, Le Concile d'amour est une revendication de la liberté d'expression, estime Michel Musseau. Religion et sexualité sont censés relever du domaine privé. » Entre ciel et terre, le metteur en scène, Jean-Pierre Larroche, s'est inspiré de procédés cinématographiques, en jouant des échelles et des points de vue. Au pupitre : un quatuor diabolique, composé d'une guitare électrique, de percus, d'un trombone et d'un violon. Après cinq représentations à Nantes (du 5 au 10 novembre), la pièce sera en tournée jusqu'en mai 2010. W

David Prochasson
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