Le grand test. De retour de vacances, les 29 000 collégiens et lycéens utilisant le réseau de cars scolaires Lila étaient confrontés, hier matin, à une nouveauté de taille : le port d'un gilet jaune fluo par-dessus leurs vêtements. Désormais obligatoire, cette tunique de sécurité doit être enfilée en début de journée pour monter dans le car, ainsi que le soir, pour en descendre. Une idée financée par le conseil général de Loire-Atlantique, qui souhaite renforcer la visibilité des élèves entre leurs lieux d'habitation et les arrêts de car. « On constate que les accidents les plus graves ont lieu dans ce secteur », justifie le département.
Inédite en France, l'initiative est saluée par la plupart des parents. « C'est une décision courageuse, que l'on ne peut que soutenir, approuve Christiane Allain, secrétaire générale de la FCPE. Les enfants sont en danger sur les routes, en particulier dans les zones rurales et quand il fait sombre. »
Du côté des adolescents, en revanche, l'enthousiasme semble moindre. A Sucé-sur-Erdre, hier matin, la majorité des élèves portaient pourtant bien le gilet. Mais pas forcément par conviction. « Je le mets parce que je suis obligé, explique Kévin, 15 ans. On dit que c'est pour la sécurité, mais ça fait longtemps que je prends le car ici, et il n'y a jamais eu de danger. » « C'est peut-être pour notre bien, mais c'est moche d'avoir ça sur le dos. Je le rangerai dès que je serai montée », prévient Marion, 13 ans.
A quelques mètres de son arrêt de car, Laurene, 14 ans, a elle préféré laisser le gilet dans son sac. « Je ne vois pas trop l'intérêt. Il y a toujours des lampadaires. On est bien visibles, je pense. » Elle en sera quitte pour une remarque du chauffeur. Car le gilet, « ce n'est pas pour faire joli », insiste Yves Daniel, vice-président du conseil général. Il doit être présenté au même titre que la carte de transport. A défaut, il y aura des sanctions, allant de l'avertissement à l'exclusion. « On sera intransigeants pour ne pas laisser s'installer un sentiment d'impunité, assure l'élu. La sécurité, c'est l'affaire de tous. Je n'ai pas envie de tuer, un jour, un ado parce que je ne l'ai pas vu ». W