«Je suis trop fier. C'est énorme.» Le jeune Clément Mauriange tient le mot juste. Sous ses yeux se déploie le visage de son père sur un panneau publicitaire de 4x3 m... Il s'agit d'une nouvelle étape de la recherche d'emploi pour le moins atypique de ce directeur commercial nantais de 53 ans. C'est l'histoire d'un buzz, au départ banale.
Au chômage depuis huit mois, Bernard Mauriange se fatigue très vite des traditionnels lettres et CV. Marre de galérer : il imprime des plaquettes à son effigie, des documents en trois volets qu'il adresse à une centaine d'entreprises. Il crée aussi un site Internet, un blog. En vain.
En septembre, le cadre «réservé» prend sur lui: par deux fois, Bernard grimpe dans le TGV Nantes-Paris, en première. «Je recherche un job», indique clairement son tee-shirt noir. Bilan: « ne opération payante en termes de contacts.» Mais le chômeur l'est toujours. Il lui faut voir plus grand.
«Je l'ai trouvé décalé sans être marginal, s'emballe alors Alain Benaïm, afficheur local qui, coïncidence, vient justement d'installer un panneau à Vertou, route de Clisson. Je lui cède l'espace quelque temps, gracieusement.» Tout comme l'imprimeur et comme le concepteur de l'affiche. «La preuve que je sais vendre mes compétences, note Bernard. C'est mon métier.»
Hier, jour de la pose de l'affiche, son portable a sonné des dizaines de fois. Au bout du fil, surtout des journalistes. En plus des médias locaux, l'AFP, Canal+, I-Télé ou M6 l'ont sollicité: «Ah, si je pouvais recevoir autant d'appels de recruteurs!» Coup d'oeil sur le panneau. «Il me plaît: j'ai l'air sérieux. Personne n'embauche les guignols.»