« En finir avec cette patate chaude », voilà ce que souhaite la mairie d'Indre. Depuis vendredi, elle accueille 57 caravanes d'une partie des Roms expulsés la veille de Chantenay, un autre groupe ayant choisi Saint-Herblain. Elle accueille et n'engage pas de procédure d'expulsion : « Inutile ! On ne ferait que déplacer le problème », selon Gilles Olivier, directeur de cabinet du maire Jean-Luc Le Drenn. Elle accueille mais, avec 460 ha et 3 700 âmes, n'en a pas les moyens... Alors elle tâche de mobiliser.
« Il faut un règlement politique », continue Gilles Olivier. Il attend « que l'Etat impulse une concertation avec les collectivités concernées » par les mouvements des Roms. « Un moratoire sur les expulsions des terrains publics serait aussi bienvenu, embraye Philippe Barbo, du collectif Romeurope. On pourrait vraiment travailler sur l'insertion. Là, on gaspille trop d'énergie à se battre contre des opérations inutiles. » La préfecture le sait. Elle reste silencieuse.
En attendant, le maire d'Indre pare au plus urgent. Dans le camp gorgé d'eau, l'électricité fait toujours défaut. Des toilettes sèches ont, elles, été fournies par des bénévoles. La semaine prochaine, l'élu convoquera un conseil municipal extraordinaire : sa population vient de grossir de près de 10 %... Elle guette, s'inquiète un peu. « On doit vivre ensemble, on n'a pas le choix », résume Gilles Olivier. Lui aussi s'interroge : les scolarisations des primaires entamées à Nantes devraient s'achever. Et la rentrée a lieu jeudi. « Il y a 80 enfants, et Indre n'a que deux écoles. Il nous faudrait presque en ouvrir une troisième... » C'est ce que les assos appellent un « problème global ». W