« Vérifie qu'il a bien une boule d'attelage. » Venus en nombre, les CRS ne laissaient pas entrer n'importe quel véhicule, hier matin, dans le camp de Roms de Chantenay. Dans l'ex-camp de Roms, en fait, cassé, vidé et sécurisé en une journée, l'heure était au déménagement, comme annoncé par décision de justice. Ni heurts, ni matraque. Près de 300 personnes, dont dix-huit seraient en partance pour la Roumanie, selon la préfecture, ont levé le camp dans le calme.
« On n'oppose aucune résistance, mais qu'ils nous laissent nous installer ailleurs », implore Nicolae Tonsia, jeune père de 18 ans, en toisant sa future escorte : des motards de la police municipale nantaise accompagnant chaque caravane jusqu'à la sortie de la ville. « On déplace le problème », déplore Philippe Barbo, du collectif Romeurope, qui a fait ses comptes : « 1 200 Roms se répartissent sur une agglomération de 600 000 habitants. Chaque commune pourrait accueillir cinq familles pour 10 000 habitants... » En attendant, l'objectif nantais est atteint. Dans l'après-midi, la plupart des Roms de Chantenay s'installaient hors de Nantes... sur un terrain inondable du bas de Couëron. W
Antoine Gazeau