En 2001, Nantes s'était penchée sur la présence des renards sur son territoire. Cette fois, la ville commande une étude sur le hérisson d'Europe. Le Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes a débuté hier soir les premiers repérages. Objectif : analyser la manière de se déplacer de l'animal et mesurer les risques auxquels il est exposé en ville. « Le hérisson est une espèce sentinelle, éclaire Olivier Lambert, responsable du Centre vétérinaire. Du fait qu'il se situe en haut de la chaîne alimentaire, sa connaissance permet de comprendre et de protéger d'autres espèces qui subissent le même sort. »
A la nuit tombée, lorsque le mammifère sort de son gîte, une équipe, munie de jumelles à vision nocturne, cherchera à le capturer afin de le marquer. Pour la ville, cette étude aidera à mieux comprendre le fonctionnement des corridors écologiques. Ces successions d'espaces verts reliés entre eux favorisent la migration des espèces, et donc leur préservation. Les données recueillies seront précieuses lors de futurs réaménagements de quartiers. « Elles permettront de préserver ces corridors, voire d'en ajouter », précise Olivier Lambert.
L'étude porte sur deux quartiers : Dervallières-Zola et Saint-Joseph de Porterie. Les deux comportent chacun des coulées vertes et un cours d'eau : la Chézine pour le premier, l'Erdre pour le second.
Lors de la période d'hibernation, à partir de fin novembre, l'enquête marquera une pause pour reprendre au printemps et se terminer à l'été 2010. De manière plus générale, le Centre vétérinaire profitera de cette enquête pour recueillir des données toxicologiques (présence de pesticides) ou relatives au régime alimentaire du mammifère. A partir d'une étude réalisée à Sedan (Ardennes), on estime le nombre de hérissons à Nantes entre 3 000 et 10 000. W