Sans surprise, l'avocat général de la cour d'assises du Finistère a réclamé hier, à Quimper, la réclusion à perpétuité pour Jose Antonio Freitas. Gérant de deux bars à hôtesses près de la gare de Nantes, « Tonio » est accusé d'être le commanditaire de l'assassinat de Bernard Algret, dit « Nanard le Nantais », dont le corps avait été retrouvé à Frossay en mai 2006. Enlevé à son domicile de Bénodet (Finistère), où il avait déménagé, l'homme avait eu juste avant les genoux perforés à la perceuse, puis avait été frappé à l'aide d'une barre à mine couplée à une matraque électrique, avant d'être lesté d'un parpaing en Loire. Au final, les enquêteurs soupçonnent un « règlement de comptes à l'ancienne », entre ces deux gérants de bars à hôtesses du milieu nantais. Hier, des peines de dix à trente ans de réclusion ont été requises pour les quatre complices présumés de Jose Antonio Freitas, au terme de trois semaines de procès où sa défense a été malmenée par plusieurs témoignages contradictoires.
« Il y a des tas de règlements de comptes croisés dans ce dossier », balaie Fabrice Petit, avocat de « Tonio », qui se dit toujours étranger à l'affaire. « Les jurés vont devoir s'appuyer sur les éléments matériels qui innocentent mon client, comme les factures de téléphonie ou l'absence d'ADN. » Selon l'avocat, Jose Antonio Freitas est d'abord « victime de sa personnalité », celle d'une « grande gueule » qui « bondit au moindre truc ». « De toute façon, je l'ai prévenu : ça passe ou ça casse », indique Me Petit, qui plaide aujourd'hui. « Soit c'est l'acquittement, soit c'est la perpétuité. » Verdict attendu demain, dans la soirée. W
Guillaume Frouin