A Carquefou, la «survie urbaine» s'enseigne à la sauce soviétique

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Publié le 19 octobre 2009.

SOCIETE - Un club dispense des cours de systema, un art martial russe...

A première vue, l'endroit est un peu glauque. En réalité, c'est un terrain de jeu idéal. Nichée dans la pénombre d'une zone industrielle déserte, la salle d'entraînement de la société Optimum Sécurité accueille à Carquefou, depuis la rentrée, des cours de systema. Il s'agit d'un art martial russe, longtemps réservé aux forces spéciales soviétiques, où tous les coups sont permis.

Ici, pas de kimono, de grade ou de prise à reproduire fidèlement : il faut se défendre face à des couteaux factices ou des bouteilles, et les pratiquants sont en majorité des agents de sécurité. «Le systema est l'art martial le plus adapté à la vie de tous les jours», assène Yann Christodoulou, 41 ans, instructeur de l'Académie des arts de défense (Adad). «Dans le judo, il y a trop d'interdits, et la boxe thaï peut être trop violente par rapport à ce qu'autorise la loi.» Sur le tapis, des combats un contre un sont ainsi organisés, mais aussi des « mass attacks », où tous les participants au cours prennent pour cible l'un d'entre eux. «Le défendant doit apprendre à esquiver, se protéger et s'échapper», explique-t-on sur le site de l'Adad. Des exercices ont aussi lieu en extérieur, dans des escaliers ou sur une voiture. «On simule un car-jacking, c'est un peu de la survie urbaine», résume Yann Christodoulou, qui mesure 1,67 m pour 68 kg.


Vigiles confrontés au public alcoolisé


A ses côtés, Pascal Jamet observe l'entraînement avec attention. Le patron de Optimum Sécurité incite de plus en plus ses 80 vigiles, confrontés au public parfois alcoolisé des concerts, à pratiquer le systema. « Avec la réévaluation des salaires, beaucoup de nouveaux venus dans la profession se sont présentés sans avoir forcément le gabarit », explique-t-il. «Ils ont donc besoin d'un peu de technique... Or, avec le karaté, il aurait fallu apprendre beaucoup de gestes codifiés avant de pouvoir pratiquer. Avec le systema, ils sont tout de suite opérationnels.»

Stéphane Le Thiec, un Nazairien de 36 ans, est de ceux-là. «Ça met en confiance», souffle après l'entraînement cet ancien pâtissier. Lui qui n'avait jamais fait d'arts martiaux s'est reconverti en agent de sécurité «par goût du contact avec les gens». Le voilà servi.

Guillaume Frouin
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