« Nos valeurs ne sont pas cotées en bourse. Nos actions profitent à tous. » Le slogan s'était affiché pendant quinze jours, en février dernier, sur les panneaux 4x3 des Pays de la Loire. Une campagne signée du président de région, Jacques Auxiette, qui, à l'époque, avait suscité la controverse. D'un coût de 250 000 euros (dont 35 000 euros de conception), on reprochait à cette opération d'avoir été financée avec l'argent public et diffusée quelques jours à peine avant l'ouverture des comptes de campagne. La polémique semblait, depuis, enterrée. Jusqu'à ce qu'elle refasse surface aujourd'hui, sur un autre terrain.
Ce slogan créé pour le seul conseil régional a en effet été utilisé depuis pour le compte des partis socialistes français et belge. Il est ainsi réapparu il y a quinze jours, lors des journées parlementaires du PS à Toulouse, ainsi qu'en juin, lors des élections régionales en Belgique. Un curieux hasard jugé comme une « coïncidence non dérangeante » par Jacques Auxiette et comme une « manipulation scandaleuse » par son opposition. « Ce slogan financé avec l'argent des Ligériens sert aujourd'hui à la promotion d'un parti. De qui se moque-t-on ! », enrage l'élu UMP Daniel Augereau, lequel a décidé de saisir le préfet pour une enquête de légalité.
« Nous ne travaillons jamais pour les partis politiques, indique l'agence nantaise Double Mixte, qui a conçu le slogan. Il n'y avait pas de marque déposée mais nous regrettons que personne ne nous ait prévenus de sa réutilisation. A notre avis, celle-ci ne relève pas du hasard. » Interrogé, le PS français reconnaît « une erreur ». « Le slogan nous a été soufflé par un militant, nous ne savions pas qu'il avait été créé pour la région Pays de la Loire. Nous lui présentons nos excuses », justifie-t-on au groupe parlementaire du parti socialiste, dont le président n'est autre que Jean-Marc Ayrault.
« L'explication n'est pas très crédible, note Daniel Augereau. Des coïncidences peuvent arriver mais pas à ce point-là. Je ne crois pas que nos contribuables seront dupes. S'il a fait une erreur, le PS n'a qu'à rembourser la somme ! Nous ne laisserons pas tomber ». « Je n'empêche pas l'UMP d'utiliser ce slogan pour son propre compte si elle le veut », ironise un Jacques Auxiette agacé. Et de conclure : « Je laisse l'autorité de tutelle (préfecture) rendre son avis. » W