Le Berligou prépare un retour pétillant

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Publié le 12 octobre 2009.

L'histoire raconte qu'il faisait les délices de François II, père d'Anne de Bretagne, et était jugé « excellent » par Henri IV. Consommé par les rois de France il y a plus de cinq cents ans, le Berligou est tombé dans l'oubli à la fin du XIXe siècle. Mais ce vin rouge, dont le cépage éponyme est un clone du pinot noir, n'a pas complètement disparu. Il est même en train de refaire surface grâce à la curiosité d'une poignée de viticulteurs nantais. « Quelques plants redécouverts sont passés de main en main avant d'atterrir au conservatoire des cépages anciens, au Pallet. C'est grâce à lui que nous avons pu planter récemment une parcelle expérimentale », explique Alain Poulard, responsable de l'Institut français de la vigne et du vin.

L'avenir du Berligou se joue donc depuis un peu plus d'un an au Loroux-Bottereau, où une dizaine d'ares pousse sous étroite surveillance. « L'objectif est de transmettre des milliers de greffons à la profession. Les premiers plants seront bientôt prêts. On peut tabler sur une commercialisation d'ici quatre ans », ambitionne Marcel Jussiaume, qui s'occupe de la parcelle. « C'est un cépage unique au monde, qui a l'avantage d'être chargé d'histoire, ajoute Alain Poulard. Il a le potentiel pour faire un très bon vin, très fruité. C'est pour cela que nous voulons qu'il soit planté uniquement sur des terres de qualité. Pas question d'en faire un produit de consommation courante. »

Mais l'avenir du Berligou a d'autres horizons. Car sur la parcelle du Loroux-Bottereau, on travaille à un second objectif : créer une nouvelle variété de vin, rosé et pétillant, comparable à un crémant. Un exploit rendu possible en mélangeant le « cépage royal » à un cépage blanc mutant nommé melon rouge. « Cela donne un excellent effervescent, commente Marcel Jussiaume après avoir réalisé des microtests. C'est une perspective prometteuse car il n'y a aucun vin de la sorte dans notre vignoble. Or les effervescents se vendent bien, les revenus à l'hectare sont supérieurs à ceux du muscadet. Cela créerait de nouveaux débouchés. » Très intéressée, la profession est attentive. Il lui faudra aussi être patiente. Ce nouveau vin ne devrait pas être dans les rayons avant « environ huit ans ». W

Frédéric Brenon
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