Le TGV a bien réveillé la « Belle Endormie »

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Publié le 23 septembre 2009.

Le 24 septembre 1989, un beau bébé de 430 tonnes et 238 mètres de long était déposé sur les quais de la gare de Nantes. Au terme de douze ans d'études et de travaux, le premier TGV Atlantique venait de mettre Paris à deux heures de la cité des Ducs de Bretagne. Une véritable bouffée d'oxygène pour la « Belle Endormie » d'alors, deux ans après la fermeture de ses chantiers navals.

« Jusqu'en 1978, il fallait quatre heures en train Corail pour aller à Montparnasse, puis trois à partir de 1980 », se souvient Evelyne Bocquenet, déléguée générale du Medef de Loire-Atlantique... et rencontrée par hasard, hier, à bord d'un TGV Nantes-Paris. « Cela nous a changé la vie : des dirigeants d'entreprises se sont rendu compte qu'ils pouvaient venir habiter chez nous sans que cela ne brise leur carrière. » A l'époque directrice du développement économique pour le Codela (Comité d'expansion de la Loire-Atlantique), Evelyne Bocquenet a par exemple convaincu un fabricant de câbles électriques de quitter la banlieue parisienne pour Saint-Aignan-de-Grandlieu, plutôt que Grenoble. « Sur la centaine de salariés, 95 % avaient voté pour, car ils avaient réalisé qu'ils restaient proches de leurs amis et de leur famille. Sans le TGV, on serait aujourd'hui éloignés des centres de décision, comme le sont La Rochelle ou Brest », juge la « patronne des patrons » locaux. Le TGV a aussi eu un impact, plus inattendu, sur la vie des femmes d'affaires. « Si cela ne dérangeait pas les hommes de passer une nuit d'hôtel sur Paris, c'était plus compliqué pour les femmes de gérer leur vie de famille », observe Evelyne Bocquenet. « Désormais, on fait l'aller-retour dans la journée. »

« Le TGV a contribué au développement économique, mais il n'y a pas eu que lui », nuance Jean-François Gendron, président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Nantes, qui gère par ailleurs l'aéroport Nantes-Atlantique. « Maintenant, il faut aller au-delà du seul axe ouest-est. La liaison Nantes-Rennes via Redon relève de l'âge de pierre, tout comme le train Corail Nantes-Bordeaux. » W

Guillaume Frouin
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