Ce week-end, l'hippodrome du Petit-Port avait pris des allures de ranch. Près de 80 cavaliers de l'Ouest et du Centre de la France étaient venus y disputer les derniers tickets qualificatifs pour le très sérieux Championnat de France de travail de bétail, qui se tiendra dans un an. Le but du jeu ? Extraire le plus vite possible un veau du troupeau dans lequel il se trouve, en solo ou en équipe, puis le renfermer dans un enclos.
Parmi les concurrents, aucun n'est professionnel. « Ici, toutes les couches sociales sont représentées : on a aussi bien des agriculteurs, des banquiers que des ouvriers », insiste Jean- Philippe Bernardeau, 45 ans, président de l'Union des cavaliers atlantique western (UCAW), qui organisait l'événement pour la première fois à Nantes. Tous arborent en revanche la même tenue réglementaire : bottes, blue-jean, chemise (fermée) et chapeau de cow-boy. Certains y rajoutent parfois d'imposantes boucles de ceinturons. « Ce sont des trophées qu'ils ont remportés », explique Anthony Valet, un chauffeur routier de 36 ans de la région de Châteaubriant, qui s'est, lui, équipé de chaps (cuissardes en cuir).
« Nous voulons montrer aux Français que les cow-boys ne passent pas leur temps à boire, taper et cracher, comme dans les westerns de John Wayne », sourit Sarah Giacomelli, une étudiante de 17 ans venue de Méasnes (Creuse), qui se prépare à devenir éleveur bovin. « En réalité, manoeuvrer le bétail demande beaucoup de travail et de préparation. » La jeune femme, qui rêve de pouvoir exercer sa future profession à cheval, ne s'attache ainsi guère au folklore qui entoure sa discipline. Comme beaucoup, elle est d'abord accro aux montées d'adrénaline qui accompagnent l'approche des troupeaux.
Après dix-sept ans de centre équestre, Sophie Treillat, 31 ans, est elle aussi devenue cow-girl il y a trois ans. « Je n'appréciais plus le côté militaire de l'équitation classique », justifie cette informaticienne de Basse-Goulaine, championne régionale dans sa catégorie depuis hier avec son cheval Nevada. « Avec le travail de bétail, on travaille plus à l'instinct. » Son fils Enzo (6 ans) n'a lui pas encore l'air convaincu. « Ce qui le fascine, c'est d'abord attraper les vaches au lasso. » W