« Ça ne va pas, les chiffres ne sont pas bons... » Le nouveau préfet de Loire-Atlantique, Jean Daubigny, est visiblement mécontent. Alors que la préfecture célèbre cette semaine la mobilité et la sécurité routière, le bilan de l'accidentologie est clairement négatif. Depuis le 1er janvier 2009, le nombre d'accidents est en hausse de 4,3 % et celui des tués de 9,5 %. Cinquante-huit personnes ont ainsi déjà trouvé la mort sur les routes départementales.
Une augmentation particulièrement marquée chez les jeunes, les seniors et les motos de + 125 cm3. « Il y a eu des progrès considérables en dix ans mais depuis deux trois ans on atteint un palier de stagnation », constate le préfet.
La situation est d'autant plus « préoccupante » que les chiffres nationaux, eux, évoluent favorablement. Une seule explication possible pour le représentant de l'État : « un relâchement de l'attention des usagers de la route ». Pour y remédier, les contrôles routiers vont être maintenus à « un haut niveau » et la prévention sera renforcée autour des moins de 25 ans (31 % des tués), des deux-roues motorisés (21 %) et de l'alcool (en cause dans 30 % des accidents).
« Cette régression est inquiétante mais nous ne sommes pas surpris, avance la Fédération 44 des Motards en colère. La répression n'est pas une réponse durable. Son impact sur les comportements finit par s'essouffler. On préférerait de véritables mesures d'éducation routière. » Un « regain de vigilance » a été réclamé hier par la préfecture. Souhaitant « montrer l'exemple », elle va aussi dispenser des stages de conduite à ses 550 agents de service. W
Frédéric Brenon