Vingt-trois traces de coups ont été relevées sur le corps. Un homme de 50 ans a été mis en examen hier soir pour « meurtre », après avoir poignardé lundi soir un ami qu'il hébergeait depuis plusieurs mois dans son appartement de la rue Bougainville, dans le Bas-Chantenay. Décrits comme des « marginaux en grande difficulté », les deux protagonistes étaient très alcoolisés, selon les policiers.
L'affaire a pris un tour nouveau mercredi soir, avec la saisie de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Des voisins, auprès desquels le meurtrier s'était vanté d'avoir égorgé son ami, avaient en effet appelé la police dès mardi matin, après avoir vu « une mare de sang » dans l'appartement. Une patrouille, dépêchée sur place, s'est alors contentée des explications de l'occupant des lieux, qui prétextait avoir « cassé une bouteille de vin ». Ce n'est qu'en fin d'après-midi, devant l'insistance des voisins, qu'une seconde patrouille a découvert le corps de la victime dans la baignoire.
« A première vue, il est assez surprenant de ne pas faire la différence entre du vin et du sang », a déclaré hier Xavier Ronsin, procureur de la République de Nantes. Le magistrat a toutefois écarté toute « négligence coupable » des trois policiers, la victime étant décédée bien avant leur arrivée. « Il y a manifestement eu une erreur professionnelle, avec peut-être un manque de curiosité et une enquête de voisinage menée à la va-vite », convient le procureur de la République. « Toutefois, c'est un train qui déraille. N'oublions pas tous les trains qui arrivent à l'heure : chaque jour, gendarmes et policiers vérifient avec un grand professionnalisme les vraies et fausses alertes. » W
Guillaume Frouin