Les jumelages, c'est bon pour les affaires

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Publié le 9 septembre 2009.

Nantes n'a pas besoin de l'Euro 2016 pour voyager. Après Niigata (Japon) et Tbilisi (Géorgie) il y a quelques mois, pleins feux sur Sarrebruck : la jumelle germanique est à l'honneur de la quatrième université d'été franco-allemande qui s'achève demain. On discute et on s'embrasse, ici et là-bas. Soit. Et après ? Après, les jumelages restent incontournables, mais évoluent. « D'une diplomatie des villes, on est passé à une logique de réseaux de villes », résume Karine Daniel, chargée du développement économique à Nantes métropole.

La collectivité est en relation avec dix-huit communes à travers le monde, où elle gagne en visibilité. A Seattle (États-Unis), on peut errer dans Nantes Park. A Niigata, « des panneaux 3 x 30 m sont érigés à notre gloire », remarque Karine Daniel. A Qingdao (Chine), les hommages ne devraient pas non plus tarder : « Cet accord conforte une image d'ouverture », estime sur place Cécile Zhou, au bureau de la région.

De fait, les jumelages, c'est bon pour les affaires. Sans eux, jamais l'Ecole de design nantaise n'aurait lancé un programme à Qingdao. Encore moins à Durban (Afrique du Sud) : « C'est lors d'un voyage de Nantes métropole que les contacts ont été noués en 2007 », se souvient Christian Guellerin, directeur de l'école. Un partenariat est aujourd'hui en place.

« Une entreprise ne cible pas une ville, mais un marché, rappelle toutefois Pascale Faou, directrice du réseau World Trade Center à Nantes. Le jumelage sert de porte d'entrée, mais le choix d'implantation répond à d'autres intérêts stratégiques. »

Il n'empêche, le regroupement des services « jumelages » de la ville et « coopération décentralisée » de l'agglo illustre un véritable virage : depuis trois ans, les débouchés économiques comptent. L'effort a d'ailleurs été porté en priorité sur Durban (bois, port), Niigata (agroalimentaire) et surtout Seattle, haut lieu des biotechnologies. « Le jumelage donne accès aux décisionnaires, explique Olivier Kitten, coordonnateur du pôle de compétitivité Atlantic Biothérapies. Depuis leur mission avec la ville, trois start-up sont en contact avec des entreprises locales. » Elles s'appellent Vivalis, Clean Cells et In Cell Art. Elles cherchaient des partenaires industriels, où qu'ils soient. Le jumelage a permis de faire le tri. W

Antoine Gazeau
Emploi

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