« Nya », icône de la beauté 2.0

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Publié le 7 septembre 2009.

Avec sa nouvelle coupe à la garçonne, Jessica Daubertes est méconnaissable. Ses quinze tatouages, gravés dans la peau, et son piercing à la lèvre supérieure sont toutefois bien ceux de « Nya », l'égérie frenchie de SuicideGirls*. Sorte de MySpace underground et branché, le site américain (qui n'a rien à voir avec le suicide) sélectionne depuis 2001 les plus belles photos de jeunes femmes tatouées et/ou piercées. Souvent peu vêtues, voire nues.

Sauf que le site communautaire, qui revendique 300 000 membres payants (à 4 dollars par mois) au travers le monde, n'exhibe pas n'importe qui. En huit ans, seules 2 000 jeunes femmes (dont une trentaine de Françaises) ont vu leur portfolio accepté, obtenant au passage le statut envié de « SG ». Les autres, dont la copie est à revoir, sont surnommées les « hopeful ». Littéralement les « pleines d'espoir ».

Jessica, elle, fait partie de la crème de la crème. Depuis 2005, cette graphiste nantaise de 24 ans parvient à faire publier deux à trois sets photo par an, payés 500 dollars chacune, là où une SG lambda doit se contenter d'un seul. Elle est aussi l'une des rares à avoir été publiée dans les classieux magazines du staff. Mieux : en février, la jeune femme a été invitée avec une vingtaine d'autres à participer à un shooting exceptionnel à Las Vegas, pour les dix ans du film culte Fight Club. Regroupées dans les sous-sols blafards d'un hôtel, elles y miment un combat façon Brad Pitt et Edward Norton. En jean taille basse et topless. « Chez SuicideGirls, c'est la fille qui créé son univers, choisit ses vêtements, le lieu ou l'histoire qu'elle veut mettre en scène », souligne Jessica, qui s'est installée à Nantes lors de ses études il y a cinq ans. Le prochain shooting aura d'ailleurs lieu en octobre, dans son propre appartement de la place Graslin, par le photographe officiel du site en France. « Les SG sont des filles normales, qu'on peut croiser dans la rue. Ce n'est pas comme dans Playboy, où il n'y a que des blondes de 1,80 m... » Un détail d'autant plus appréciable quand on mesure 1,64 m.

La nudité, quant à elle, ne pose pas de problème à cette passionnée du Japon, de musique électro et de réseaux sociaux (Facebook, Twitter...). « J'assume totalement. J'en ai parlé à ma famille, et ils acceptent que je sois à l'aise avec mon corps. SuicideGirls n'est pas non plus un site porno : ce n'est pas de la nudité crue, il n'y a pas d'hommes dans les mises en scènes et les gros plans sont évités au maximum. » W

* www.suicidegirls.com.

Guillaume Frouin Photos : Jean-Sébastien Evrard
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