« C'est le citoyen qui a la clé du changement comportemental »

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Publié le 6 mai 2009.

A quoi va servir l'étude régionale dévoilée lundi ?

Elle nous permet de quantifier enfin ce qui va et ce qui ne va pas. Ça nous aidera à lancer, avec plus de précision, des actions de lutte contre le réchauffement climatique. Notamment le schéma régional du climat, de l'air et de l'énergie. N'oublions pas que le Grenelle de l'environnement nous impose de réduire de 20 % nos émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020. En Pays de la Loire, l'objectif est fixé à 24 millions de tonnes équivalent CO2. Cela signifie 10 millions de tonnes en moins d'ici onze ans.

L'objectif est-il réalisable ?

On va tout faire pour s'en rapprocher mais il faut reconnaître que ce ne sera pas facile. La région n'est pas particulièrement en retard par rapport au reste de la France mais elle a des problématiques sur lesquelles il est urgent d'agir.

Les émissions agricoles de CO2 par exemple ?

Les Pays de la Loire sont la deuxième région agricole. Tout ce qui se produit dans ce domaine, on le trouve ici. Pas étonnant que l'agriculture soit le poids lourd du CO2. A ce titre, elle se doit de développer de nouvelles pratiques. Mais il y a déjà eu beaucoup d'améliorations depuis quinze ans.

L'habitat ?

C'est la priorité des priorités. Cela passe forcément par l'amélioration de la performance thermique des bâtiments neufs et anciens, mais aussi par une réflexion plus profonde sur le mode d'habitat et l'aménagement du territoire. Nous sommes dans une région dominée largement par la maison individuelle, or c'est elle qui consomme le plus d'énergie. Il faut revoir nos jugements sur les logements collectifs et la densité urbaine, qui limitent les flux et déplacements. On peut aussi penser à de nouvelles configurations de villes, comme par exemple créer les rues en fonction de leur orientation solaire.

Comment agir sur les transports ?

C'est difficile car, en partie à cause de l'étalement urbain, on a encore du mal aujourd'hui à se passer de la voiture. Souvent, en plus, on l'utilise seul. Le développement des transports en commun ou du ferroviaire va dans le bon sens mais restera insuffisant tant qu'il n'y aura pas un vrai changement comportemental.

Qui a la clé de ce changement ?

Sans aucun doute le citoyen. C'est lui qui choisit au final ce qu'il mange, comment il voyage, où il habite. C'est compliqué de le convaincre car il a le sentiment que son acte a peu de conséquence face à l'enjeu global du réchauffement, peu visible en plus dans notre région. Ou il a tendance à baisser les bras face à l'ampleur de la tâche. Mais sans la somme de nouvelles petites actions individuelles, on ne s'en sortira pas. Il faut passer à une autre étape. Ça prend du temps mais on ne peut plus se permettre d'attendre. W

Recueilli par F. B.

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