Grain de sable ou obstacle de taille ? Alors que les travaux de réouverture de la ligne Nantes-Châteaubriant doivent démarrer d'ici peu, une demande d'annulation de la déclaration d'intérêt général du projet est « en cours d'instruction » par le tribunal administratif de Nantes. Le recours a été déposé le 10 décembre dernier par Bernard Fourage, un habitant de Nort-sur-Edre directeur d'une agence de consulting spécialisée dans les transports. Il dénonce une dizaine d'irrégularités, dont la principale est la commande, par la SNCF et le conseil régional, de sept rames de tram-train dès mars 2007, soit quinze mois avant le lancement de l'enquête publique. Un choix qui violerait les lois Bouchardeau sur l'environnement. Celles-ci doivent permettre l'émergence de contre-proposition lors de l'enquête publique.
Le recours n'est pas dénué d'intérêt personnel. Le plaignant travaille depuis plusieurs années à un contre-projet de RER bi-mode reliant Châteaubriant à Pornic. Mais son alternative a été écartée sans ménagement par la commission d'enquête. « Les dés étaient pipés. A partir du moment où le matériel était déjà commandé, toute autre suggestion ne pouvait être étudiée sérieusement, critique Bernard Fourage. Les citoyens sont pourtant en droit d'espérer que soit choisi le véhicule le plus adapté. Je veux une remise à plat du dossier car la loi n'a pas été respectée. » Du côté de la région, on assure attendre avec « sérénité » la décision du tribunal. « Il faut cinq ans pour commander un tram-train, il fallait donc s'y prendre en avance, explique-t-elle. De plus, ils ont été prévus pour circuler sur différentes lignes régionales, dont Nantes-Clisson dès juin 2010. » ■