Depuis quelques jours, la rumeur enfle. Selon un entrefilet paru dans Le Figaro, l'ancien Premier ministre, qui préside cette instance de réflexion, aurait confié au restaurateur breton Jacques Le Divellec être favorable au projet, à l'issue d'un déjeuner dans son grand restaurant de l'esplanade des Invalides, à Paris.
Alors que le comité doit rendre son rapport cette semaine à l'Elysée, il n'en fallait pas moins pour mettre toute la région en émoi. Car le rattachement du département à la Bretagne signifierait de facto la mort des Pays de la Loire. «La Loire-Atlantique recense 1,2 million d'habitants, sur les 3,5 millions que compte la région», a tranché vendredi Jacques Auxiette, président (PS) du conseil régional des Pays de la Loire, sur France 3 Ouest. «Ça pèse, notamment en termes économiques! C'est une annexion des temps modernes, voire une forme de colonisation que je ne peux accepter.»
Pas sûr que cela suffise à rassurer Jacques Auxiette : le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne se ferait « à titre expérimental », croit savoir le quotidien régional Le Télégramme. De son côté, le président (PS) du conseil général de Loire-Atlantique ne veut pas s'arrêter là. « Je suis assez satisfait de voir qu'on n'est plus considérés comme des farfelus, des rêveurs ou des passéistes », se réjouit Patrick Mareschal, partisan de longue date de la réunification. « Après, cette réforme des collectivités ne va pas se refaire tous les huit jours... Si on ratait cette occasion, cela pourrait susciter des réactions de désespoir. » Hasard ou pas, douze parlementaires bretons avaient rendu publique jeudi une déclaration commune « en faveur de la réunification de la Bretagne ». Parmi eux, deux de Loire-Atlantique : François de Rugy (Verts) ou Christophe Priou (UMP). ■