Trente ans après, l'Aéroscope cherche toujours à décoller

Un déménagement forcé et des dizaines de pièces d'aviation sur les bras. Les passionnés qui oeuvrent depuis bientôt trente ans à la création de l'Aéroscope, sorte de musée du Bourget (Seine-Saint-Denis) à la nantaise, ne voient toujours pas leur proj...

Guillaume Frouin Photos : J.-S. Evrard

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Un déménagement forcé et des dizaines de pièces d'aviation sur les bras. Les passionnés qui oeuvrent depuis bientôt trente ans à la création de l'Aéroscope, sorte de musée du Bourget (Seine-Saint-Denis) à la nantaise, ne voient toujours pas leur projet sortir des cartons. Une étude de faisabilité très fouillée avait pourtant été commandée en 2007, avec les crédits de la communauté urbaine, du conseil général et de la région. Lieu d'exposition et outil de tourisme industriel, le projet devait aussi permettre au public de voir voler des avions anciens, aux abords de l'aéroport Nantes-Atlantique. Là où l'histoire de l'aéronautique nantaise avait démarré, avec le premier aérodrome et l'usine Breguet (aujourd'hui Airbus) dans les années 1930.

« On a peut-être été trop gourmands », regrette aujourd'hui Jean-François Le Clerc, ancien contrôleur aérien de 62 ans et président de l'association Aéroscope, qui porte le projet éponyme. Et puis, avec la crise, « on sent bien que ce n'est pas le moment ». Le déménagement de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes n'est pas non plus de nature à renforcer le dossier. « Il serait logique de construire l'Aéroscope près de Nantes-Atlantique, même si ça ne le déligitime pas de le faire ailleurs », tempère Jean-François Le Clerc.

En attendant, les pièces de collection (moteurs, sièges éjectables, ailes de planeurs...) de ces férus d'aviation prennent la poussière et l'humidité, éparpillées dans plusieurs ateliers et hangars de l'agglomération. L'un d'entre eux, le plus grand, devrait d'ailleurs être évacué... depuis la fin 2008. Prêté par un industriel, il pose de sérieux problèmes de sécurité. « On recherche maintenant un lieu d'au moins 1 000 m2, qui serait mis gratuitement à notre disposition, où le public pourrait venir facilement en transports en commun, imagine Jean-François Le Clerc. L'Ile de Nantes, par exemple, ce serait très bien. »

Les aléas du temps semblent en tout cas ne pas avoir de prise sur le moral des troupes. « On a toujours la foi, clame Paul-Louis Lamoussière, président d'une des associations adhérentes au projet Aéroscope. Baisser les bras aujourd'hui serait malheureux. » « Par moments, on est un peu découragé, confie simplement Jean-François Le Clerc. Mais on reste déterminé à faire aboutir ce projet. Parce qu'un jour, cela va finir par marcher. » Et voler. ■

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