Ce mois-ci, la galerie Antireflets accueille une exposition atypique. Baptisé « Solidart », le projet est né de la rencontre entre Philippe Lecompte, graphiste-peintre, et André Lebot, responsable du restaurant social de Nantes, en juillet 2008. Leur objectif était simple : donner l'opportunité à des artistes démunis d'exposer leur travail.
« En discutant avec André, on s'est rendu compte que plusieurs artistes au restaurant social n'avaient plus l'occasion de pratiquer et/ou de présenter leurs travaux », explique Philippe Lecomte. Au total, près d'une quinzaine de personnes se sont lancées dans le projet. Parmi eux, des artistes à plein temps, mais aussi d'autres qui ont conservé un emploi en parallèle. Des fonds ont été engagés par le restaurant social pour financer l'achat de matériel (toiles, couleurs...). « Le plus difficile a été de trouver le lieu. Finalement, Hervé Landais, de la galerie Antireflets, nous a proposé de mettre à notre disposition ses murs durant tout le mois de février. »
Ici, pas de thématique commune, pas de sélection des participants au préalable. Une seule règle est établie : tous les artistes doivent produire trois oeuvres, chacune sur un format de 40 x 40 cm. Et pas question de mettre en avant les conditions de vie de certains peintres. « Ici, c'est pas les Tableaux du coeur, insiste Philippe Lecomte. Il ne s'agit pas de précaires qui sont artistes, mais bien d'artistes précaires. » Rolland, un des participants, âgé de 27 ans, acquiesce. « Personnellement, j'ai toujours eu les moyens de pratiquer. Mais venir exposer ici, ça permet de valoriser mon travail. »
« Pour moi, c'est comme des devoirs de vacances !, plaisante "Ivan K", 56 ans, un des artistes du collectif. On a un support défini et après on laisse aller notre imagination. » Pour Daniel, 55 ans, l'aventure Solidart, c'est surtout « beaucoup de bonheur ». Une aventure qui semble plaire au public puisque, comme le précise Philippe Lecomte, « depuis le début de l'exposition, on a déjà vendu deux tableaux ». ■