David Prochasson

Dragonball Z, Les Chevaliers du Zodiaque, Sailor Moon... Les héros de Rosalys sortent tout droit des dessins animés des années 1980. Génération « Club Dorothée ». Née à Nantes de parents d'origine chinoise, cette illustratrice de 26 ans s'est passionnée de jeux vidéos avant de s'épanouir dans l'univers des bandes dessinées japonaises. « Le format des mangas permet d'approfondir l'histoire, contrairement aux BD franco-belges qui généralisent l'ellipse », explique-t-elle. Volubile, Rosalys parle de ces figures héroïques au sens du sacrifice et en quête de liberté, avec une passion intacte. Au point de s'y identifier. « C'est une véritable héroïne de mangas, estime Morgan Magnin, président d'Univers partagés, une assoc' cocréée avec l'artiste. Elle essaye d'appliquer les valeurs idéalistes que véhicule le genre. » Tels ses héros, Rosalys vit ses rêves avec audace. Ingénieur en informatique, elle a décidé l'an dernier de se consacrer entièrement à ses projets artistiques. « Ma vie était confortable mais elle n'avait pas de sens pour moi. » Un mois après sa professionnalisation, l'artiste décroche son premier contrat et signe l'adaptation en BD du célèbre jeu vidéo « Fly for fun ». Vêtue d'une touche de rose, féminine et apprêtée, Rosalys cultive un goût pour la mode. Ses portraits de jeunes femmes aux traits asiatiques lui ressemblent. « Ils expriment la sensibilité de longs cheveux qui retombent sur la nuque, la délicatesse d'un baiser sur une fleur. » Toujours connectée au monde, via Internet et les réseaux communautaires, la jeune femme est une redoutable communicante. « J'ai des choses à dire, je veux les diffuser. Et défendre le manga, trop souvent enfermé dans les clichés du sexe et de la violence. » L'ambassadrice idéale du Japon, sa patrie de coeur.