Comment êtes-vous devenue dessinatrice judiciaire ?
C'est un hasard. J'étais en vacances aux Etats-Unis. Une télé cherchait un dessinateur pour couvrir le procès du Watergate. Mon oncle, entendant la conversation, a proposé mes services. Je ne savais même pas que le métier existait.
Seuls trois dessinateurs judiciaires exercent en France. Pourquoi ?
Les rédactions des médias n'y pensent pas. Et une image, même en bout de couloir d'un tribunal, est plus sensationnelle qu'un dessin, poétique, qui apporte une ambiance et une émotion.
Comment appréhendez-vous un procès ?
Il faut trouver la bonne place, savoir où l'accusé va s'asseoir. Une fois le procès commencé, il faut savoir rester discret. Pour cette raison, je m'habille toujours en noir.
Quelles sont vos techniques ?
Je travaille à l'aquarelle. C'est rapide, pratique mais ça manque de contrastes pour la télé. Dès la fin du procès, je scotche mes dessins au mur pour les filmer. Avec une telle urgence que l'aquarelle n'est pas toujours sèche et coule.
Quels grands procès avez-vous relaté ?
Klaus Barbie. Sans aucun doute, le plus difficile. Je ne pouvais pas imaginer l'être humain aller si loin dans l'horreur. Il y eut également les témoignages des victimes du terrorisme au métro Saint-Michel.
Quelles anecdotes retenez-vous ?
Une très récente. Au procès d'Antonio Ferrara. Il se trouvait derrière une énorme vitre pare-balles. Il m'en montre l'épaisseur et lui, ce « roi de la belle », me fait signe que cette fois, il ne peut pas s'échapper...