L'inspection du patron. Martin Hirsch est venu hier à Nantes se faire présenter le bilan de l'expérimentation sur son « bébé », le Revenu de solidarité active (RSA), testé depuis dix mois en Loire-Atlantique. Après les « interrogations » formulées il y a trois semaines sur le financement du dispositif, Patrick Mareschal se montrait hier serein devant le Haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté. « Je ne suis pas inquiet, affirme le président (PS) du conseil général. On ne va pas prendre les bénéficiaires en otage pour des questions financières. »
Après son passage-express à l'hôtel du département, Martin Hirsch s'est fait présenter à la préfecture un second dispositif d'insertion plus méconnu. Porté par quinze entreprises industrielles de l'estuaire (Airbus, Aker Yards, sous-traitants, etc.) en mal de main-d'oeuvre, le Groupe-ment d'activités recrute en contrat à durée indéterminée des « publics éloignés de l'emploi », puis les forme aux besoins de ses adhérents (soudure, tuyauterie ou encore contrôle qualité). Quitte à les changer de boîte selon les fluctuations des carnets de commandes. « Les entreprises mutualisent ainsi à plusieurs un risque qu'elles n'auraient pas pris toutes seules », explique un responsable. « Je vais enfin avoir un plan de carrière », se réjouit Patrick, qui a signé hier un CDI avec le Groupement d'activités. « Quand on est en CDD ou en intérim, on redémarre à zéro après chaque contrat. En étant sécurisé dans mon travail, je serai plus tranquille. C'est quand on n'a pas de boulot qu'on pense le plus au travail. »