Depuis la semaine dernière, les cours de langue des signes française (LSF) ont repris à l'institut La Persagotière. Institution méconnue, nichée depuis 1856 au coeur de Pirmil, cet institut médico-social public pour jeunes sourds et malentendants dispose en effet d'un centre de formation, où l'on peut apprendre cette langue reconnue comme telle depuis seulement 2005. Interdite de fait à partir de 1880 et pendant près d'un siècle, elle suscite aujourd'hui un nouvel engouement, à tel point que les cours pour débutants font le plein.
Jeudi matin, pour leur première séance, douze employées de la mairie de Nantes sont ainsi installées autour de Benoît Blandin, 41 ans, leur formateur sourd. Toutes sont volontaires, à l'instar d'Evelyne, 46 ans, concierge dans une école voisine. « J'ai affaire à des enfants sourds, explique-t-elle. J'ai appris avec eux quelques rudiments de LSF, mais je voulais approfondir mes connaissances pour pouvoir davantage communiquer. »
Le café et le sucre, encore sur la table, leur permettent d'amorcer le dialogue avec Benoît, qui ne s'exprime que par gestes. Des dessins de mains, projetés sur le tableau blanc à l'aide d'un rétroprojecteur, sont l'occasion, un peu plus tard, d'apprendre les mots et expressions les plus simples. L'apprentissage des noms propres est en revanche plus difficile. Pour désigner Jean-Yves Le Capitaine, chef de service à « la Persago », Benoît mime ainsi sur son épaule des galons... de capitaine.