Ces mesures ne concerneront que les 59 % de Nantais qui payent des impôts, et ce à partir de l'automne 2009. La création d'un abattement général de 10 % sur la valeur locative, l'unité de base de calcul des impôts locaux, va être soumise demain au vote du conseil municipal. Il concernera « tous les contribuables payant une taxe d'habitation pour leur résidence principale », indique Pascal Bolo, adjoint (PS) aux finances de Jean-Marc Ayrault. Objectif : « Rendre la politique fiscale plus équitable en faveur des couches moyennes. »
Un autre abattement de 10 % de la valeur locative va également être créé pour les personnes handicapées, tandis que celui pour charges de familles passe de 15 à 20 %. Pour que la ville de Nantes ne perde pas de recettes fiscales, la taxe foncière va en contrepartie augmenter, tout comme les taux d'imposition. La hausse de ces derniers, qui ne devrait pas excéder 4 %, va en effet venir compenser le désengagement de l'Etat et l'inflation, selon Pascal Bolo.
Avec ces nouvelles règles du jeu fiscal, les gagnants sont donc les locataires qui ont des enfants à charge ou un appartement à faible valeur locative (la moyenne nantaise était de 2678 euros en 2007). Ceux qui y perdent sont les propriétaires non-occupants, qui ont par exemple investi dans l'immobilier pour relouer, et les entreprises. Ces derniers ne profiteront en effet pas de la baisse de la taxe d'habitation - qu'ils ne payent pas -, mais subiront la hausse de la taxe foncière. Pour les particuliers, la hausse de la taxe foncière devrait ainsi avoisiner les 76 euros par an. « La ville était déjà parmi celles de plus de 100 000 habitants où la fiscalité est la plus élevée, fulmine Sophie Jozan (UMP). Si les classes moyennes veulent devenir propriétaires, elles n'ont plus qu'à fuir Nantes. »