Pierre Bérégovoy a dit de lui : « Une fine gâchette ». Grégory Lemarchal a ajouté : « Un spectacle à couper le souffle. » Sur son livre d'or, Judicaël Mouron collectionne les éloges d'une pléiade de stars. Son seul souci : « Un fan mort n'est pas solvable. » Et c'est parce qu'il lui en faut des nouveaux qu'il monte cette semaine sur les planches du TNT. Son tout premier spectacle, Et pour quelques euros de plus, clin d'oeil à Sergio Leone, est un bijou de cynisme, dans la veine de textes de Stéphane Guillon ou de Pierre Desproges.
Judicaël Mouron ne ménage pas son public. Sans aucune retenue, il attaque pêle-mêle les profs, les femmes, Florent Pagny et les valises à roulettes. Seuls les métiers de flics et de militaires sont épargnés pour mieux être assommés : « Ce sont des boulots de con, mais s'ils n'existaient pas, que feraient leurs employés ? » Judicaël Mouron a le verbe acéré et un certain flegme à l'anglaise. A ce rythme, il ne devrait pas tarder à fédérer de nouveaux fans. Des vrais, cette fois. « On a trouvé quelqu'un d'intéressant à Nantes. Un véritable iconoclaste, estime Gérard Sibelle, le directeur du festival Juste pour rire. Avec beaucoup de verve, il amène du sens à ses propos. » Reste qu'en dépit d'un texte très écrit, intelligent et subtil, l'humoriste peine encore à habiter la scène. A 35 ans, autodidacte, il découvre le one-man-show sur le tard. Après avoir écrit des chansons et des nouvelles, il s'est essayé au slam dans le seul but « de gagner un resto avec une fille. » En mai dernier, il présentait ses premiers sketches aux tremplins Complètement à l'Ouest. « Un vrai humoriste naît dans la rue, sans formation », assure Gérard Sibelle.