Drôle d'anniversaire pour Lucie B. Hier, le jour de ses 27 ans, cette jeune femme du pays de Retz était dans le box des accusés de la cour d'assises, après la mort de son fils Mathieu, alors âgé d'un mois, en octobre 2004. Sa tête avait violemment heurté un meuble. Un accident alors qu'elle berçait l'enfant dans ses bras, plaide l'accusée. Sauf que la thèse est écartée par les experts, persuadés que Lucie a eu « un geste volontaire et actif », « éventuellement contre le lavabo ».
Hier, les jurés ont pu découvrir la personnalité de la jeune femme. Elevée par un père alcoolique et violent, « rejetée » par sa mère, Lucie a eu à 21 ans un premier enfant avec un ami de ses parents, après avoir abandonné quatre ans plus tôt son CAP de couturière. « Un oubli de pilule », confesse l'accusée. Même âge, même travers : son compagnon de l'époque ressemble alors à son père, le même avec qui Lucie n'a plus de contacts mais avec qui elle aimerait renouer des liens... Mais dès l'âge de deux ans, son fils Michel est placé par les services sociaux. « Lucie n'est pas mûre pour avoir un enfant, elle est restée gamine », témoigne Madeleine, 73 ans, sa grand-mère paternelle. « Si on lui donnait une poupée, elle jouerait avec. »
Lucie va pourtant avoir un deuxième enfant, quelques mois après le placement de son premier fils. Mathieu est né lui « lors d'une beuverie », confesse l'accusée. Son père ? Personne parmi les enquêteurs n'a pu retrouver sa trace. Même Lucie semble ne pas connaître son nom. « Je préfère l'oublier », précise-t-elle aux jurés. Verdict ce soir. Guillaume Frouin