A peine ouverte, déjà décriée. Le groupe américain Cargill met en service, ce matin, une nouvelle usine d'huile et de farine de colza à Montoir-de-Bretagne, dont 75 % de la production sera transformée en « biodiesel ». Acheminé par oléoduc à la société voisine Diester Industries Atlantique, ce « diesel vert » sera ensuite incorporé par la raffinerie Total de Donges, à hauteur de 6 % dans le diesel vendu à la pompe. Au total, la multinationale a investi 65 millions d'euros dans cette « unité de trituration », censée concerner « près de 15 000 emplois dans le Grand Ouest » et générer « 18 à 20 millions d'euros de retombées économiques directes chaque année ». Elle traitera « jusqu'à 600 000 tonnes de graines » de colza par an, récoltées par « près de 10 000 exploitations agricoles des régions Bretagne, Pays de la Loire, Centre et Poitou-Charentes ».
Reste que le projet n'emballe pas le collectif d'associations écologistes « Manger ou rouler », qui appelle à manifester ce matin, devant l'usine. « Pour produire 600 000 tonnes de graines, il faudrait recouvrir de colza la moitié d'un département français », explique Bernard Courbot, du groupe local Greenpeace Nantes. « Cargill va donc importer des oléagineux sud-américains, pour lesquels des forêts vierges vont être défrichées. Cela va aussi accentuer la crise alimentaire mondiale, car ils vont prendre la place d'autres cultures. » En clair, pour lui, « les agrocarburants sont une fausse bonne solution » aux problèmes actuels d'environnement.