Deux patrons et deux salariés d'entreprises du BTP ont écopé hier de huit mois de prison avec sursis à cinq mois de prison ferme, après la chute d'une flèche de grue, à Rezé, le 20 octobre 2004. Celle-ci avait tué Marion, une collégienne de 13 ans qui se rendait avec sa classe à un cours d'EPS. Un de ses camarades avait été blessé au visage par des bris de vitre de voiture. Le procès, début juillet, avait fait apparaître de graves imprudences commises par les prévenus.
Le chauffeur du camion-grue, pour qui la peine est la plus lourde, avait forcé la marche de son engin - en dépit du système de sécurité - pour éviter un cable électrique. « C'est lui qui paye les pots cassés », observe Christian Douillard, l'oncle de Marion. « Certes, il a fait une énorme bêtise, mais est-ce qu'il avait été mis en condition de ne pas la faire ? » Le monteur de grue a, quant à lui, été condamné à douze mois avec sursis.
François Parent, l'avocat des parents de la collégienne, aurait voulu plus de « sévérité » envers les deux chefs d'entreprises, qui n'ont que du sursis. « De la prison ferme aurait été un geste fort. Ils ne seraient pas allés pour autant en maison d'arrêt : ils auraient eu un bracelet électronique ou leur peine aurait été aménagée en semi-liberté. » Reste un point positif, selon l'avocat : « Tous les prévenus ont été reconnus responsables, alors qu'ils demandaient la relaxe. » Toutes les demandes de dommages et intérêts ont été reçues par le tribunal. Près de 150 000 euros ont été alloués à la famille au titre du préjudice moral.