« On est toutes ensemble, dans la classe de M. Boisseau ! Avec Charlotte aussi ! » Hier matin, peu avant 9 h, Emma (8 ans) et ses copines étaient heureuses. Dans la cour de récré de l'école élémentaire Fellonneau, près de Saint-Félix, les parents qui avaient accompagné leur enfant pour leur rentrée scolaire avaient eux aussi le sourire aux lèvres. Pourtant, une classe de CM2 a fait l'objet d'une fermeture administrative. Elle devrait être entérinée aujourd'hui, sept élèves manquant à l'appel. Chacune des six classes comportera désormais environ vingt-cinq élèves. « On était résignés, car le quartier vieillit, lâche Thierry, entouré de trois autres parents. Quand la famille s'agrandit, les parents préfèrent s'installer dans une grande maison, en périphérie. » « Ce n'est pas terrible pour préparer la 6e, mais on fait confiance à la maîtresse », soupire à ses côtés Catherine.
La grogne contre les réformes Darcos en Loire-Atlantique, département en pointe en mai et juin, aurait-elle perdu de sa vigueur ? La rentrée a été « sereine », confirmait hier l'inspection académique. « Les parents attendent de voir comment les mesures vont s'appliquer concrètement », explique de son côté Christiane Allain, présidente de la FCPE 44. « A Port-Boyer, par exemple, les enseignants ne savent toujours pas comment ils vont organiser le soutien scolaire. » Une trentaine de parents y ont d'ailleurs accueilli hier matin l'inspection académique, venue compter les élèves présents. Idem à Vertou et Couëron, où la mobilisation ne faiblit pas.