Sauf énorme revirement de situation, le projet d'un troisième pont à l'ouest de Nantes, entre Saint-Nazaire et Cheviré, est enterré pour un bon nombre d'années. Réuni hier pour faire le point, le Comité de pilotage - qui rassemble l'Etat, la région, le département et les communautés de communes - a annoncé qu'il « refermait le dossier, faute de consensus ».
Le projet, étudié depuis 2002 par le conseil général de Loire-Atlantique, était soutenu activement par une majorité d'élus du Pays de Retz et le conseil général de Vendée. Mais Jean-Marc Ayrault n'y était pas favorable, tout comme l'Etat, qui n'y voyait pas d'« intérêt national » ni de « compatibilité avec les exigences du Grenelle de l'environnement ». « Soit on continuait à faire semblant d'avancer et à dépenser de l'argent public, soit on estimait qu'on était dans l'impasse et qu'il ne servait à rien d'insister. Tout le monde a donc convenu qu'il était raisonnable de stopper les études », explique Patrick Mareschal, un président du conseil général « un peu déçu ».
Prévu pour voir le jour à Paimboeuf, le projet aurait coûté au minimum 520 millions. Les études tablaient sur un trafic de 15 000 véhicules par jour à l'horizon 2025. « Un ouvrage de ce prix pour une fréquentation aussi basse intéresse peu d'investisseurs, constate Mareschal. Sans l'Etat, on ne peut pas mener un tel projet. » Pour compenser les limites de capacité des franchissements de Loire actuels, le département travaille à des solutions alternatives. Au final, plus de 500 000 euros auront été dépensés en études.