A moins de deux mois des JO de Pékin, l'affaire fait tache pour la gymnastique hexagonale. Les parents de Chloé Briand, une ex-gymnaste internationale de 16 ans, attaquaient hier la Fédération française de gymnastique (FFG) devant le tribunal correctionnel de Nantes pour de « mauvais traitements » infligés à leur fille pendant son passage à l'Insep en 2005 et 2006. Dans le viseur : Yves Kieffer, ex-entraîneur de l'équipe de France féminine, qui avait emmené Emilie Le Pennec à la première médaille d'or de la gymnastique française aux JO d'Athènes de 2004.
Décrit comme « acariâtre », l'homme a dû démissionner en janvier après un « rapport édifiant » de la FFG, explique Emmanuelle Foucré, avocate de Laurence et Raphaël Briand, qui habitent La Baule. « Excès de langage », « débordements comportementaux » et « attitude hégémonique et arrogante » y sont notamment pointés.
« Kieffer n'était pas commode, mais il était respecté », rétorque Vincent Berthat, avocat de la FFG. D'après l'avocat, « ce procès est d'abord celui de l'amertume, de la déception et du jusqu'au-boutisme ». Chloé Briand a en effet été évincée en septembre de l'équipe de France, et ainsi privée de JO de Pékin, « un rêve qu'elle poursuivait depuis ses 5 ans », selon ses parents. Depuis, l'adolescente a arrêté la gym et se prépare d'arrache-pied à un nouveau challenge : son bac de français de première S. Pour la suite de l'affaire, le parquet a, lui, réclamé un supplément d'information. Décision le 2 juillet.